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Synthèse 2015 > Une aversion toujours aussi forte pour le risque

Une aversion toujours aussi forte pour le risque

Aux yeux d’une majorité d’Européens, le risque est toujours considéré comme un danger à éviter (60%; +1 point par rapport à 2013). Seuls 40% d’entre eux l’appréhendent plutôt comme un stimulant.

L’aversion pour le risque reste particulièrement forte et se renforce même en Espagne (75% ; +2 points par rapport à 2013 ; +9 points par rapport à 2012), en France (70% ; +3 et +8 par rapport à 2012), en Allemagne (66% ; +4 et +9) et en Italie (63% ; +4 et +5 par rapport à 2012). Elle reste relativement stable en Grande-Bretagne (58% ; -1 point par rapport à 2013 ; +6 points par rapport à 2012).
Cette attitude de rejet du risque est en revanche minoritaire en Suède (42% ; stable par rapport à 2013) et désormais en Pologne (48% ; -3).

Au-delà des nationalités, des différences d’appréhension du risque importantes existent en fonction du profil sociodémographique des individus, et des rôles sociaux qu’ils ont intégré : les femmes considèrent ainsi davantage le risque comme un danger (63% contre 58% des hommes), tout comme les séniors (66% des 55 ans et plus contre 53% des moins de 35 ans).

Si le niveau de revenus influe peu sur la perception du risque, le niveau d’éducation a en revanche un impact très important sur la conception que l’on a de la prise de risques (72% des Européens au niveau d’éducation faible considèrent le risque comme un danger, contre 58% de ceux qui ont un niveau moyen ou fort).

Les Européens ont par ailleurs encore moins le sentiment qu’en 2013 que la prise de risques est valorisée dans l’Union Européenne (46% ; -4 points) et dans leurs pays respectifs (39% ; -2). C’est en France que l’on a le moins le sentiment que le risque est valorisé (27% ; -2 points par rapport à 2013 ; -5 points par rapport à 2012). Seuls les Espagnols (48%) et les Italiens (36%) ont le sentiment que le risque est davantage valorisé qu’en 2013. Dans tous les autres pays, ce sentiment est en recul, ou tout au plus stable (en Pologne et en Suède).
Mais quel que soit leur pays de résidence, les Européens ont toujours le sentiment que le risque est bien moins valorisé qu’aux Etats-Unis : 75% (-2 points néanmoins) estiment en effet que la prise de risques est valorisée de l’autre côté de l’Atlantique.

La relation au risque des Européens reste très ambivalente, entre aversion et attirance. Ils sont d’ailleurs divisés quant à l’attitude à adopter pour connaître la réussite: si 52% d’entre eux considèrent que pour réussir, il faut plutôt faire attention à ne pas prendre trop de risques, 48% pensent qu’il vaut mieux prendre beaucoup de risques. Ces chiffres restent très stables dans presque tous les pays.

En France, la tendance est néanmoins à plus de prudence : 55% des Français considèrent ainsi qu’il vaut mieux ne pas prendre trop de risques pour réussir (+2 points par rapport à 2013 ; +4 points par rapport à 2011).
Les Français sont d’ailleurs moins nombreux qu’en 2013 à déclarer qu’ils prennent des risques à titre individuel (51% ; -8 points). La France devient cette année le pays dans lequel les individus déclarent prendre le moins de risques. L’Allemagne reste le pays où l’on déclare en prendre le plus, mais les Allemands sont malgré tout bien plus prudents que les années précédentes (66% ; -6 points par rapport à 2013 ; -11 points par rapport à 2012).

Pour prendre des risques, mieux vaut être bien armé : les Européens qui disent prendre le plus de risques à titre individuel sont en effet plus diplômés que la moyenne et plus riches. Il faut aussi avoir le sentiment que la prise de risques est socialement encouragée compte tenu de son profil : les hommes, les jeunes, mais aussi les individus qui ont le sentiment que la prise de risques est valorisée dans leur pays sont plus nombreux à dire prendre des risques à titre individuel.

Pour être prêt à prendre des risques, savoir que l’on est bien protégé est également impératif. A l’heure où les Européens constatent de plus en plus que leurs systèmes nationaux de protection sociale respectifs fonctionnent mal1, les Européens sont face à un choix : éviter le risque à tout prix, avec pour conséquence possible de se priver de toute chance de réussir, ou mettre en place de nouvelles stratégies pour contourner les systèmes défaillants. L’essor de la consommation collaborative fait partie de ce mouvement.

1Cf. Vague 2 de l’Observatoire portant sur la thématique de la protection sociale en Europe

Une aversion toujours aussi forte pour le risque



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