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Synthèse 2013 > Une aversion encore plus marquée qu’en 2012 pour le risque

Une aversion encore plus marquée qu’en 2012 pour le risque

Dans le contexte actuel, le risque apparaît toujours plus comme un danger aux yeux des Européens déjà sondés en 2012 : Français, Allemands, Espagnols, Britanniques, Italiens et Polonais sont désormais 62% à le considérer plutôt comme « un danger à éviter » (+6 points) que comme un stimulant (38% ; -6 points). Seule une minorité d’entre eux considère d’ailleurs aujourd’hui que le risque est valorisé dans leur pays (40% ; stable) ou dans l’Union Européenne (48% ;-1), contrairement à ce qu’ils imaginent des Etats-Unis (77% pensent que le risque y est valorisé ; -1) ou dans une moindre mesure de l’Asie (51% ; -1).

D’ailleurs, les Européens des pays déjà sondés en 2012 ont le sentiment de prendre aujourd’hui moins de risques qu’il y a un an : 68% d’entre eux déclaraient l’année dernière qu’ils avaient le sentiment de manière générale d’être quelqu’un qui prend des risques. Ils ne sont plus que 64% (-4 points). Ils restent néanmoins une majorité à déclarer prendre des risques, signe encourageant d’une certaine manière dans la mesure où la prise de risque est indispensable, mais sans doute dans le même temps révélatrice du sentiment de vulnérabilité d’une part croissante d’Européens : bien qu’estimant la prise de risque dangereuse, beaucoup ont sans doute le sentiment de prendre des risques malgré eux.

La relation au risque des Européens demeure ambivalente : si une majorité considère que pour réussir, il faut « plutôt faire attention à ne pas prendre trop de risques » (55% ; -1) plutôt que « prendre beaucoup de risques » (45% ; +1), ils jugent dans le même temps majoritairement qu’aujourd’hui, il vaut mieux enseigner à un jeune « que dans la vie, il faut savoir prendre des risques quitte à en payer le prix si on échoue » (58%). Ce sentiment est d’ailleurs de plus en plus partagé (+4 points par rapport à 2012). Désormais seuls 42% des répondants considèrent « que dans la vie, il vaut mieux faire très attention et ne pas prendre de risques s’il y a un prix à payer en cas d’échec » (-4 points). Pour une majorité d’Européens, si la prise de risques doit être mesurée, elle est néanmoins une nécessité pour avancer. Derrière ce constat se superposent des perceptions nationales néanmoins extrêmement variées dont les évolutions fournissent des clés de lecture intéressantes de la situation économique actuelle et à venir.

Une aversion encore plus marquée qu’en 2012 pour le risque

Regards d'experts

guillemet début On croit que la crise nous rend plus averses aux risques. Non. Ce qu’on constate en général, c’est que les gens ne modifient leur préférence personnelle que sur le long terme. En revanche, il est vrai qu’ils tiennent compte de leur environnement de court terme et anticipent l’avenir financier. Aujourd’hui les anticipations sont plutôt pessimistes. Si on pouvait mieux distinguer ce qui est vraiment dans les goûts et les préférences d’un côté, et de l’autre l’environnement dans lequel agissent les ménages, cela permettrait de mieux comprendre certains paradoxes entre les pays.

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guillemet début C’est toujours aux deux extrémités de la société qu’on prend le plus de risques : en bas parce qu’on n’a rien à perdre et en haut parce qu’on est en sécurité.

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guillemet début On est de très mauvais prédicteurs de notre bonheur futur. Sans doute est-ce la même chose pour le risque. On ne le sait pas tant que ce n’est pas arrivé, mais il y a de fortes chances qu’on s’habitue à la situation nouvellement créée. Ainsi les variations de qualité de vie matérielle ont peu d’impact sur notre bonheur subjectif, car le cerveau s’habitue. Même après la survenue d’un handicap, on peut retrouver le même niveau de satisfaction personnelle. Pour d’autres événements en revanche, il peut ne pas y avoir « d’adaptation hédonique », pas de résilience. En cas de chômage par exemple, ou de maladie chronique, du fait de la destructuration de mon temps, à cause de la perte de sentiment de valeur de moi-même, je ne reviens pas au niveau d’avant.

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guillemet début Notre défaut en Europe, c’est d’ausculter nos différences, sans les mesurer dans un cadre global. Il faudrait pouvoir s’appuyer aussi sur le même type d’étude dans d’autres continents. Par exemple, je ne suis pas sûr que sur le risque, les Américains soient très différents de nous.

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