Bandeau
Synthèse 2013 > Un sentiment de vulnérabilité exacerbé

Un sentiment de vulnérabilité exacerbé

Conséquence notamment de l’enlisement de la crise et de l’augmentation des inquiétudes : les Européens se sentent de plus en plus vulnérables.

Face à chacun des 17 risques testés pouvant affecter sa situation personnelle, ses biens ou sa famille, la part d’Européens estimant n’avoir « aucune protection » progresse (pour l’ensemble des risques testés sans aucune exception). L’événement face auquel on s’estime le moins protégé (et sans doute à juste titre) demeure un divorce ou une séparation (76% ; +2 points par rapport à 2012).

Mais la majorité des Européens estime également n’avoir aucune protection sur 11 autres risques, en tête desquels la perte d’emploi, qu’il s’agisse de celui de son conjoint / concubin (66% ; +3) ou de son propre emploi (60% ; +4), alors même qu’il existe un système d’assurance chômage dans les pays sondés (certes conditionné à une durée d’affiliation minimum variable selon les pays). La plupart des sondés sont donc bien couverts face à ce risque, mais le haut niveau de personnes se déclarant « sans protection » et sa progression sont très révélateurs du sentiment de vulnérabilité accrue des Européens : face à un risque tel que le chômage, les mécanismes de protection existants ne suffisent plus à leurs yeux, notamment dans des pays comme l’Espagne où le chômage de longue durée frôle désormais la barre des 10%.

D’ailleurs, les ressortissants des pays déjà sondés en 2012 sont majoritairement convaincus qu’ils ont aujourd’hui plus de risques qu’il y a 5 ans de connaître des difficultés financières (66% ; -1 point par rapport à 2012), de risques de basculer dans la précarité (63% ; +4) ou encore de perdre leur emploi (56% ; +5). Cette impression de vulnérabilité accrue est indissociable du sentiment d’une majorité d’Européens de connaître une véritable régression sociale par rapport à leurs parents à leur âge (50%) et qui ne saurait se limiter aux effets d’une crise conjoncturelle. A travers l’Europe, c’est bien le sentiment d’une usure, d’un déclassement qui domine, à quelques exceptions (salutaires) près. Dans ce contexte où les Européens semblent davantage tenter de perdre le moins possible que de gagner, la prise de risques n’est logiquement pas en odeur de sainteté. Sous certaines conditions, elle est pourtant un moteur irremplaçable de la croissance.

Un sentiment de vulnérabilité exacerbé

Regards d'experts

guillemet début Un certain nombre d’enquêtes le montrent, il peut y avoir un écart entre le risque perçu personnellement et le risque tel qu’il est perçu pour les autres. On a tendance à surpondérer le risque pour soi-même, alors qu’on a une vision assez juste du niveau de risque global…

Voir la suite >

guillemet début On observe une montée générale du sentiment de déclassement. Mais là aussi il y a un phénomène de pessimisme collectif. Car dans les faits, seule la dernière génération peut se plaindre d’être moins favorisée que la génération précédente.

Voir la suite >

guillemet début Il y a un effet d’adhésion au groupe. Il est de bon ton d’être pessimiste, cela ne veut pas dire qu’on le pense vraiment. Par un effet d’entraînement les gens se disent : si je ne suis pas mécontent je ne suis pas avec les autres.

Voir la suite >

guillemet début Au cours des « Trente glorieuses », ce qui met les gens dans la rue ce n’est pas le chômage, c’est l’inflation. De même pour les gens qui manifestent dans la rue en Turquie, au Brésil ou en Chine en ce moment. Tout le monde est touché par l’inflation alors que seuls 10% sont touchés par le chômage. Si les gens n’étaient pas contents pendant les Trente glorieuses, c’est parce qu’ils craignaient de perdre du pouvoir d’achat. 1968, c’est aussi pour dire : « on nous a volé ».

Voir la suite >

guillemet début Au-delà de l’évaluation des risques à laquelle peuvent se livrer les individus, on peut se demander s’il n’y a pas dans certains pays un pessimisme culturel, inscrit dans les mentalités et qu’on retrouve sur un temps long.

Voir la suite >

guillemet début Si en Espagne le sentiment de déclassement est moins élevé qu’en France, c’est parce que les Espagnols peuvent comparer. On est riches depuis peu, on a un Etat-Providence depuis peu, le souvenir de l’époque d’avant est encore là. Alors on relativise. Pendant les 35 ans depuis le retour à la démocratie, on a connu deux crises économiques majeures (fin des années 70/début des années 80 et début des années 90) mais le sentiment d'ensemble est que des progrès économiques et sociaux considérables ont été accomplis pendant cette même période.

Voir la suite >

guillemet début La Fabrique Spinoza a fait une étude sur le lien entre crise et bonheur. Ce que l’on constate, c’est un lien entre le bonheur perçu et, non pas le niveau de richesse ou la croissance économique à long terme, mais le climat économique sur le court terme.

Voir la suite >

guillemet début Il existe des formations qui apprennent à se protéger psychologiquement du risque. Christophe André, qui a travaillé avec Boris Cyrulnik sur la résilience, explique que le meilleur professeur d’optimisme, c’est la réalité. Il invite les gens à regarder rétrospectivement la réalité et à constater que souvent leur appréhension du risque s’est révélée exagérée. Cela permet de retrouver un peu de sérénité…

Voir la suite >



Synthèses recommandées

Les inquiétudes des Européens continuent de se renforcer

Malgré (et sans doute en raison de) l’inscription dans la durée de la crise économique en Europe, les inquiétudes des Européens ne faiblissent pas. Au [...]

2013 0

Une aversion encore plus marquée qu’en 2012 pour le risque

Dans le contexte actuel, le risque apparaît toujours plus comme un danger aux yeux des Européens déjà sondés en 2012 : Français, Allemands, Espagnols, [...]

2013 0

Un pays qui stagne : la Grande-Bretagne

Le mot « stagnation » résume bien la situation actuelle de la Grande-Bretagne, aussi bien compte tenu des données économiques objectives disponibles (stagnation [...]

2013 0

La Suède, contre-modèle absolu et championne d’Europe de la confiance

Les Suédois, sondés pour la première fois cette année dans le cadre de ce baromètre, constituent un contre-exemple particulièrement parlant. Leur niveau [...]

2013 0

Les pays qui décrochent : l’Espagne, la Pologne et la France

La situation de l’Espagne, déjà très préoccupante au regard des résultats de l’enquête en 2012, s’est encore aggravée. Le niveau d’inquiétude des Espagnols [...]

2013 0

Des systèmes de protection sociale diversement appréciés

Sans grande surprise étant donné les conséquences toujours plus violentes de la crise économique sur le vieux continent et le sentiment d’une vulnérabilité [...]

2013 0

Haut de page

English