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Suède 2015

Les Suédois ont tendance à se sentir beaucoup moins vulnérables que les autres Européens. En conséquence, une nette majorité d’entre eux considère toujours le risque comme quelque chose d’excitant, alors que cela n’est pas le cas dans la plupart des autres pays. Le développement de la consommation collaborative en Suède est une dynamique permanente, mais les Suédois sont plutôt moins portés sur ces nouvelles pratiques que les autres Européens.

En Suède, le sentiment de vulnérabilité a légèrement augmenté mais reste faible

Contrairement à la moyenne européenne, seule une minorité des Suédois ont l’impression d’être plus vulnérables qu’il y a 5 ans vis-à-vis du risque de connaître des difficultés financières (42% considèrent qu’ils courent plus de risque aujourd’hui, contre 59% pour la moyenne européenne), de basculer dans une situation précaire (42% ; contre 53% en moyenne). Ils sont également beaucoup moins préoccupés par la possibilité de perdre leur emploi (27% pensent que le risque est plus élevé, contre 44%). Cependant, leur degré d’inquiétude a légèrement augmenté par rapport à 2013 (+5 points pour « être plongé dans une situation précaire » et +4 points pour « connaître des difficultés financières »).

En 2013, le risque d’être agressé ou volé inquiétait les Suédois presque autant que les risques financiers, les risques médicaux et les risques de la route. C’est loin d’être le cas cette année. 25% seulement trouvent ce risque inquiétant, loin derrière les risques de santé - y compris la perte d’autonomie - (66%), les risques financiers (37%), les risques de la route (31%), ou même les risques informatiques (26%). Le risque de chômage inquiète également moins les Suédois que les autres Européens (21% des Suédois le trouvent préoccupant, contre 29% en moyenne).

Une majorité absolue et croissante (+6 points par rapport à 2013) d’entre eux considèrent qu’ils sont mieux protégés contre tous ces risques qu’il y a 5 ans (57% contre 33% en moyenne) et un Suédois sur quatre considère n’être « ni mieux ni moins bien protégé ». Les personnes qui pensent être moins bien protégées constituent une minorité (18% contre 41% en moyenne).

Les Suédois continuent à définir le risque comme quelque chose d’excitant

Sur les pays faisant l’objet de l’étude, la Suède reste l’un de ceux où les gens sont le moins susceptibles de considérer que leur situation sociale est pire que celle de leurs parents au même âge (30% contre 40% en moyenne). En outre, cette proportion a sensiblement diminué (-9 points par rapport à 2013). La mobilité sociale ascendante n’est cependant pas considérée comme une évidence : 36% des Suédois seulement pensent que leur situation sociale est meilleure que celle de leurs parents au même âge.

Dans ce contexte, l’appétit culturel des Suédois pour le risque reste important : 58% d’entre eux considèrent le risque comme « un stimulant » tandis que la plupart des autres Européens considèrent le risque avec méfiance (60% considèrent le risque comme « un danger à éviter »). Une majorité des Suédois (58%, -3) pensent également que pour réussir, il vaut mieux prendre beaucoup de risques (contre 48% en moyenne). Cependant, les Suédois sont moins susceptibles qu’en 2013 de considérer que le risque est valorisé dans leur pays (43%, -4 points) et ils sont étonnamment moins portés à prendre des risques eux-mêmes que les autres Européens (56% d’entre eux considèrent qu’ils prennent des risques, contre 61% en moyenne).

Les Suédois sont un peu moins portés sur la consommation collaborative que les autres Européens

En Suède, l’essor de la consommation collaborative (location, prêt, échange de connaissances entre particuliers, auto-partage, échange de maisons…) a été un peu moins spectaculaire que dans des pays comme la France ou l’Espagne. Tandis que 64% des Européens ont été témoins de l’émergence de ces nouvelles formes de consommation dans leur pays, 59% ont vu ce phénomène se développer en Suède (y compris 9% seulement « beaucoup », contre 14% en moyenne), l’un des scores les plus bas observés en Europe (l’Allemagne et la Grande-Bretagne sont les plus bas).

Les Suédois sont également beaucoup moins susceptibles que la moyenne de considérer la consommation collaborative comme une réponse à la crise économique : 26% d’entre eux seulement pensent que la principale raison de son développement est la récession économique, qui pousse les gens à s’efforcer de dépenser moins (contre 69% en France par exemple). Les Suédois sont convaincus que la principale raison est davantage due aux évolutions technologiques et aux opportunités offertes par internet (45% citent cette raison, contre 30% en moyenne).

Au cours des 5 dernières années, les Suédois ont moins choisi que les autres Européens d’acheter des articles d’occasion (29% l’ont fait plus souvent, contre 39% en moyenne), de les emprunter (21% contre 27% en moyenne), de les échanger (11% contre 19%) ou de les louer (12% contre 17%).
Les Suédois ont en moyenne testé 4 pratiques de consommation collaborative sur 17, ce qui est un peu moins que la moyenne européenne (4,6).
Une majorité d’entre eux ont cependant acheté des produits auprès de petits producteurs locaux vivant dans leur région (55%) et ont utilisé un tutoriel (52%, ce qui est plus encore que la moyenne européenne de 48%). Ils sont également plus susceptibles de partager certains services avec leurs voisins (37%, contre 26% en moyenne).
Seule une minorité d’entre eux ont essayé d’autres pratiques collaboratives. Les Suédois sont à la traîne, en particulier en ce qui concerne l’achat et la vente : par exemple, seuls 19% ont fait des achats groupés de marchandises avec d’autres consommateurs afin de bénéficier de tarifs réduits (contre 30%) et seulement 39% ont déjà acheté ou vendu des appareils électriques, du matériel vidéo ou hi-fi d’occasion (contre 46%). Les Suédois ont également été moins séduits par les pratiques dans le domaine du logement, telles que de demander directement à un particulier de leur louer sa maison pour les vacances (10% contre 17%) ou l’échange de maisons pour les vacances (5% contre 9%).

Les esprits suédois pourraient cependant être prêts pour une évolution dans les pratiques. En effet, ils paraissent un peu moins attachés à la propriété privée que la moyenne européenne : sur 7 articles différents cités, ils préfèrent emprunter ou louer 2,3 d’entre eux plutôt que d’en être propriétaires (contre 2,1 en moyenne). C’est le cas en particulier pour leur résidence principale (24% préfèrent l’emprunter ou la louer contre 13% pour la moyenne européenne) et leur véhicule (19% contre 11% en moyenne). Ils sont cependant un peu moins intéressés par l’idée de louer ou d’emprunter une résidence secondaire (56% préfèrent cette solution plutôt que d’en être propriétaires, contre 65% en moyenne).

La majorité des Suédois sont convaincus que le développement de la consommation collaborative est une tendance de fond (74% le pensent contre 73% en moyenne). Seule une personne sur quatre pense au contraire que ces nouvelles formes de consommation ne vont pas durer et que ce phénomène va s’essouffler de lui-même.

Les Suédois sont un peu moins convaincus que la moyenne européenne des vertus de la consommation collaborative

Alors que 69% des Européens pensent que le développement de la consommation collaborative apporte une plus grande solidarité dans la société, les Suédois sont un peu moins enthousiastes : 60% pensent que c’est le cas.

Une part importante de la population suédoise n’est pas encore convaincue que les pratiques de consommation collaborative sont un signe (même seulement de façon partielle) de solidarité : 52% des Suédois pensent en effet que le fait de prêter de l’argent moyennant un intérêt par l’intermédiaire d’un site de financement participatif n’est absolument pas une preuve de solidarité (contre 47% en moyenne), 30% pensent la même chose du fait de covoiturer des passagers en échange d’une petite participation aux frais (contre 24%) et 32% à propos de la participation à la création d’un tutoriel sur internet (contre 24% en moyenne).

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