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Synthèse 2015 > Pologne

Pologne 2015

Longtemps épargnée par la crise économique qui a touché le reste de l’Europe, la Pologne a connu en 2012 une forte augmentation des préoccupations, avec le ralentissement de son économie. L’étude de cette année révèle un retour à la situation de 2012, avec un sentiment de vulnérabilité qui reste fort, mais qui a légèrement diminué. L’appétit des Polonais pour le risque est de retour, et ils prennent pleinement part à l’émergence des nouvelles pratiques de consommation collaborative, dont ils pensent absolument qu’elles peuvent apporter une plus grande solidarité dans la société.

En Pologne, le sentiment de vulnérabilité reste fort mais a plutôt diminué depuis le pic observé en 2013

Malgré des signes encourageants concernant la situation économique en Pologne, une grande majorité de Polonais ont l’impression d’être plus exposés aux risques qu’il y a 5 ans, à un moment où ils ont été relativement épargnés par la crise économique. Ils ressentent un risque plus grand de connaître des difficultés financières (73% contre 59% pour la moyenne européenne), de basculer dans la précarité (72% contre 53%), de perdre leur emploi (65% contre 44%) et même de connaître des difficultés d’ordre familial (54% contre 35%).
Bien que ces degrés d’inquiétude restent très forts, ils sont inférieurs à ceux constatés en 2013, en particulier en ce qui concerne la peur du chômage (79% des gens avaient l’impression à ce moment-là qu’ils risquaient davantage de perdre leur emploi, contre 65% aujourd’hui). Les inquiétudes ont retrouvé aujourd’hui le même niveau qu’en 2012, sauf en ce qui concerne les difficultés d’ordre familial, qui ont continué d’augmenter (en partie parce que nous avons ajouté cette année le problème de la dépendance entre parenthèses).

Le risque de chômage demeure cependant l’un des risques qui inquiètent le plus les Polonais. En Pologne, 34% des personnes interrogées (contre 29% en moyenne) citent ce risque comme l’un des trois qu’elles trouvent les plus inquiétants, même s’il est loin derrière les risques de santé – y compris la perte d’autonomie - (70% contre 66% en moyenne) et les risques financiers (42% contre 37% en moyenne). Les risques de la route, qui se classent en troisième position pour la moyenne européenne (devant le chômage), sont cités en quatrième position en Pologne.

Une majorité relative des Polonais considèrent encore qu’ils sont moins bien protégés contre ces risques qu’il y a 5 ans (43% contre 41% en moyenne), ce qui est cependant meilleur qu’en 2013 (48% trouvaient qu’ils étaient moins bien protégés).

Les Polonais sont cependant prêts à prendre (à nouveau) des risques

Alors qu’en 2013, 58% des Polonais avaient l’impression que leur situation sociale était pire que celle de l’un de leurs parents au même âge, cette proportion a baissé sensiblement : 35% d’entre eux seulement pensent la même chose aujourd’hui (-23 points par rapport à 2013). Une personne interrogée sur deux pense même que sa situation sociale est meilleure que celle de ses parents (50% contre seulement 33% en 2013). Ce sentiment demeure cependant minoritaire pour les Polonais de moins de 45 ans.

Ayant l’impression qu’ils ne sont plus sur la voie du déclin social, les Polonais semblent prêts à prendre à nouveau des risques, mais avec plus de prudence qu’auparavant : 52% d’entre eux considèrent le risque comme un stimulant (+3 points par rapport à 2013, après une baisse brutale de 9 points avant 2012 et 2013), alors que la majorité des Européens le considère plutôt comme un danger à éviter (60%, contre seulement 48% en Pologne). La majorité d’entre eux (52%, +2 par rapport à 2013 après -11 points entre 2012 et 2013) pense également que pour réussir, il vaut mieux prendre beaucoup de risques. Enfin, les Polonais restent un peu plus convaincus que la moyenne que la prise de risque est encouragée dans leur pays (43% contre 39% en moyenne).

En Pologne, la propriété est encore considérée comme une sécurité, mais la consommation collaborative est en plein essor

Interrogés sur leur préférence entre le fait de posséder ou d’emprunter ou louer un certain nombre de choses, les Polonais semblent un peu plus attachés à la propriété privée que les autres Européens : en moyenne, ils préfèrent emprunter ou louer seulement 1,6 des 7 articles évoqués dans le test, contre 2,1 pour la moyenne européenne. La préférence pour la propriété du logement principal est même plus élevée que dans le reste de l’Europe (95% contre 87% en moyenne).

Au cours des 5 dernières années, les Polonais ont en particulier choisi plus souvent d’acheter des articles d’occasion (45% l’ont fait plus souvent, contre 39% en moyenne) et de les échanger (22% contre 19%). La location ou l’emprunt d’objet ne se sont cependant pas développés autant en Pologne que dans le reste de l’Europe : 13% des Polonais ont loué davantage certains objets (contre 17% pour la moyenne européenne) et 18% ont emprunté des choses plus souvent (contre 27%).

En Pologne, une grande majorité des gens ont cependant été témoins de l’essor de la consommation collaborative (location, prêt, échange de connaissances entre des particuliers, auto-partage, échange de maisons …) : 66% d’entre eux ont remarqué l’émergence de ces nouvelles formes de consommation en Pologne (contre 64% en moyenne).

Les Polonais ont en moyenne essayé 5,9 pratiques de consommation collaborative sur les 17 testées, ce qui est supérieur à la moyenne européenne (4,6).
Une majorité d’entre eux ont déjà acheté des produits auprès de petits producteurs locaux vivant dans leur région (73% contre 65% en moyenne) et ont déjà acheté ou vendu des produits culturels d’occasion (53% contre 54% en moyenne). Une majorité d’entre eux ont également déjà utilisé un tutoriel (56% contre 48% en moyenne), et ils ont été sensiblement plus nombreux que la moyenne européenne à troquer des produits avec des particuliers (48% l’ont fait, contre 33% en moyenne). Les Polonais ont également eu recours, plus souvent que la moyenne européenne, à la consommation collaborative dans le domaine automobile (38% ont déjà demandé à louer la voiture de quelqu’un ou pris des passagers dans le cadre d’un accord de covoiturage, contre seulement 19% en moyenne), et dans le domaine du logement (20% ont déjà loué leur propre résidence à un particulier pour les vacances, contre 12% en moyenne).

Comme dans le reste de l’Europe, la raison principale pour l’adoption des pratiques de consommation collaborative en Pologne est la possibilité d’économiser ou de gagner un peu d’argent (68% des Polonais citent cette raison comme l’une des deux raisons principales contre 71% en moyenne). Le désir d’éviter les intermédiaires est également élevé en Pologne (19% contre 10% en moyenne).

Les Polonais sont convaincus en majorité que le développement de la consommation collaborative est une tendance de fond (71% le pensent, contre une moyenne européenne de 73%). 29% d’entre eux seulement pensent au contraire que ces nouvelles formes de consommation ne dureront pas et que ce phénomène s’essoufflera de lui-même.

Les Polonais sont largement convaincus des vertus de la consommation collaborative

Si 69% des Européens pensent que le développement de la consommation collaborative apporte plus de solidarité dans la société, les Polonais sont encore plus enthousiastes, puisque 76% d’entre eux sont de cet avis.

Les Polonais sont en effet encore plus convaincus que la moyenne européenne du fait que les pratiques de consommation collaborative sont un signe (même seulement de façon partielle) de solidarité : par exemple, 89% d’entre eux pensent que l’échange de services peut être considéré comme un signe de solidarité (contre 82% en moyenne), 88% pensent la même chose au sujet de la participation à la création d’un tutoriel sur internet (contre 76% en moyenne) et 89% à propos de la prise de passagers en covoiturage en échange d’une petite participation aux frais (contre 76%).

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