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Synthèse 2013 > La nécessité de réformer pour assurer la pérennité du système

Mais un constat unanime : la nécessité de réformer pour assurer la pérennité du système

Si la performance des différents systèmes nationaux est jugée diversement, les Européens sondés s’accordent sur la nécessité de les réformer : 95% pensent que leur système national doit l’être pour assurer son avenir. Parmi eux, 57% considèrent même qu’il doit être réformé en profondeur quand 38% jugent qu’il peut être réformé mais à la marge seulement. Seuls 5% des Européens considèrent au contraire que leur système de protection sociale peut rester tel qu’il est actuellement.

Assez logiquement, c’est dans les pays où l’on considère que le système de protection sociale fonctionne mal que l’on est le plus enclin à considérer qu’il faut réformer en profondeur : c’est le cas en Pologne (82% le pensent), en Italie (69%), en Espagne (52%) ou encore en Grande-Bretagne (50%).

Mais c’est également majoritairement le cas dans un pays où l’on considère que le système fonctionne bien mais où l’opinion publique se révèle particulièrement sensible à la nécessité de réduire les dépenses publiques : la France. Il s’agit en effet du seul pays dont les ressortissants placent parmi les trois modèles de protection contre les risques qui répondent le mieux à leurs attentes actuelles « un modèle où l’on cherche le plus possible à résorber les dépenses et les déficits pour atteindre l’équilibre budgétaire » (43% de citations contre 33% en moyenne). Les Français sont très vraisemblablement conscients qu’aujourd’hui, leur système de protection sociale national est menacé. La situation financière des départements est aujourd’hui particulièrement problématique. Or une large partie des dépenses sociales de la France (RSA, aides pour les personnes âgées, prestation handicap…) repose sur eux. (3)

En Allemagne également, une majorité relative se prononce pour une réforme en profondeur (49% pour 45% « à la marge seulement »). Même en Suède, l’idée est loin d’être rejetée, même si la majorité des Suédois penchent pour une réforme « à la marge » (53% contre 39% « en profondeur »).

(3) Puissances d’hier et de demain : L’Etat du Monde 2014, de Bertrand Badie, Dominique Vidal, Philippe Rekacewicz et Collectif (5 septembre 2013), p.190

Mais un constat unanime : la nécessité de réformer pour assurer la pérennité du système

Regards d'experts

guillemet début Le modèle anglais avait encaissé les coup dès les années 80, avec le thatchérisme.

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guillemet début Le modèle social français est remis en question dans sa légitimité. Il est jugé coûteux et inefficace. Ce qui correspond à la réalité quand on regarde les taux de couverture sociale qu’on obtient avec des charges très élevées. C’est une crise d’efficacité.

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guillemet début Je réfute cette idée que les Français épargnent beaucoup. Les Français n’épargnent pas assez. Une catégorie de gens épargne, certes, mais globalement le pays est en désépargne et vit à crédit car toute une partie de la population vit aux crochets de l’Etat-Providence, lequel n’est pas financé. Il n’est pas financé par l’épargne des autres, c’est-à-dire que les Français qui épargnent n’épargnent pas assez pour payer ceux qui ne peuvent pas épargner.

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guillemet début Aujourd’hui, celui qui réussit à montrer qu’il a réformé le système, et que l’Etat fonctionne, en tire une grande légitimité. C’est ce que Merkel a réussi.

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guillemet début La classe politique espagnole, dans son rapport au libéralisme, est plus proche des Allemands ou des Anglais que des Français. Le Parti Populaire et le Parti Socialiste sont libéraux, contrairement à la France où ni la droite ni la gauche ne le sont. Ils ont beaucoup réformé.

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guillemet début Dans un contexte de convergence de nos économies au niveau européen, les chiffres de cette enquête confirment aussi que la pédagogie de la mondialisation est en partie métabolisée. Les citoyens européens sont désormais conscients que nos Etats-providence seront moins généreux à l'avenir sans pour autant l'accepter encore complètement, ce qui alimente un niveau élevé de pessimisme

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guillemet début Les Francais sont d’une grande mauvaise foi ! Ils savent qu’ils sont très bien traités, c’est-à-dire très bien protégés. Ils savent aussi qu’il va falloir réformer le système pour le sauver. Mais ils disent : pas tout de suite ! Encore un instant, Monsieur le bourreau.

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guillemet début Si j’étais un spin doctor, je dirais à nos dirigeants que c’est à eux d’abord de prendre des risques ! Quand les dirigeants européens le font, et on en voit le reflet dans cet Observatoire, on s’aperçoit que cela rassure la population ; cela réduit le niveau d’anxiété

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guillemet début La prise de risque renvoie au doute. Or le doute fait partie de manière métaphysique de notre manière de penser, nous sommes le pays de Descartes. Je crois même qu’on pourrait étendre cela à l’Europe, dont c’est une spécificité dans le monde. On raisonne, donc on doute. On comprend les enjeux, mais on reste prudent. Ce qui peut conduire à certains moments à des paradoxes. Par exemple on est très mécontent de l’Union européenne, mais on ne veut pas sortir de l’euro.

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