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Synthèse 2013 > Les pays où l’on observe des signes encourageants : l’Allemagne et l’Italie

Les pays où l’on observe des signes encourageants : l’Allemagne et l’Italie

Des préoccupations en baisse en Allemagne

L’Allemagne, avec un budget excédentaire et une croissance qui repart, voit les inquiétudes de ses ressortissants reculer. Les Allemands restent malgré tout plus inquiets que la moyenne des Européens face aux 17 risques testés (12,1 risques sur 17 les inquiètent de manière importante contre 10,8 pour la moyenne européenne).

Par ailleurs, contrairement à ce que l’on observe en moyenne en Europe, seule une minorité d’Allemands a le sentiment d’être plus vulnérable aujourd’hui qu’il y a 5 ans face aux risques de connaître des difficultés financières (44% contre 62%), de basculer dans la précarité (42% contre 59%) ou encore de perdre leur emploi (30% contre 51%). Une majorité relative d’Allemands s’estime même dans l’ensemble mieux protégée face à ces risques qu’il y a 5 ans (41% ; +2).

Conséquence de ces évolutions positives, l’aversion culturelle des Allemands pour le risque (mise en évidence lors de la 1ère vague de l’enquête) est un peu moins forte qu’en 2012 : 41% (+3) ont désormais le sentiment que la prise de risque est valorisée dans leur pays, 39% (+2) que pour réussir, il faut « plutôt prendre beaucoup de risques » et 36% (+8) qu’il vaut mieux enseigner à un jeune « que dans la vie, il vaut mieux faire très attention et ne pas prendre de risques s’il y a un prix à payer en cas d’échec ». L’Allemagne reste néanmoins un des pays où paradoxalement, on déclare le plus qu’il faut se garder du risque, mais où soi-même on a le sentiment d’en prendre beaucoup (72% des Allemands ont le sentiment de prendre des risques, soit le score le plus élevé en Europe). Un paradoxe apparent qui résume bien la position de l’Allemagne aujourd’hui : les Allemands sont prêts aujourd’hui à prendre des risques mesurés pour eux-mêmes, mais pas (ou plus) à payer pour ceux pris par les autres.

Des préoccupations en baisse en Allemagne

En Italie, des signes d’accalmie

Si la crise économique (et la crise politique) reste d’actualité en Italie, on observe certains signes encourageants.

Le niveau de préoccupation des Italiens reste certes très élevé mais recule légèrement par rapport à l’année dernière dans quasiment tous les domaines. Le risque de chômage apparaît légèrement moins inquiétant (47% ; -3).

Le sentiment de vulnérabilité face aux risques, s’il reste lui aussi élevé, tend également à diminuer, y compris en ce qui concerne le chômage. Les Italiens restent certes majoritairement convaincus d’avoir plus de risques qu’il y a 5 ans de connaître des difficultés financières (76%), de perdre leur emploi (64%) ou même de basculer dans la précarité (69%), mais ces sentiments reculent par rapport à l’année passée (de -5 à -8 points). Le fait que le pays se retrouve un peu moins aux prises avec les spéculations des marchés (en mai 2013 Bruxelles a levé les poursuites engagées pour déficit excessif) a probablement eu aussi un léger impact sur l’état d’esprit des Italiens.

Quant au rapport au risque, il évolue fortement : toujours majoritairement considérée comme un danger (59%, conforme à la moyenne européenne), la prise de risques semble attirer à nouveau les Italiens. Une majorité d’entre eux considère désormais que pour réussir, il vaut mieux « plutôt prendre beaucoup de risques (50% ; +23) et qu’il vaut mieux enseigner à un jeune que dans la vie, il faut savoir prendre des risques (54% ; +8). Un retour en grâce de la prise de risque qui ressemble à s’y méprendre à une reprise de la confiance.

En Italie, des signes d’accalmie

Regards d'experts

guillemet début Les Allemands ont fait face à la mondialisation avec succès. L’acceptation du risque est inhérente à cette nouvelle prospérité.

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guillemet début Les Allemands ont développé une forme de libéralisme organisé, qui favorise les risques mesurés.

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guillemet début Les jeunes Allemands ont une grande confiance en l’avenir alors que les générations précédentes étaient saisies par l’inquiétude géopolitique. Ils ont confiance en matière d’emploi, en raison de l’efficacité du système de qualification. Ils ne font pas encore d’enfants mais ils projettent d’en refaire. C’est d’ailleurs pour cela qu’on se hâte sur la politique familiale car il va falloir être prêt très vite.

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guillemet début La responsabilité, au sens protestant, est une notion essentielle dans la vie sociale allemande. La responsabilité collective repose sur la responsabilité individuelle de tous. Les catholiques cultivent une autre forme de responsabilité qui est la responsabilité caritative mais les valeurs économiques sont données par les protestants y compris dans les régions catholiques.

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guillemet début Nous sommes dans un continent, l’Europe, où la population est de plus en plus âgée. Le vieillissement de la population explique une grande part des attitudes face aux risques. C’est une donnée fondamentale, soulevée par plusieurs études. De plus en plus, il faut avoir cela en tête.

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guillemet début N’oublions pas que derrière ces chiffres il y a des variations régionales. Face aux risques, ce n’est pas du tout la même Italie selon que l’on parle du Sud ou du Nord. Il y a 8% de chômage au Nord et plus de 17% dans le Sud, proportion qui dépasse les 40% pour les 15-24 ans (le double du Nord). C’est une limite importante de l’étude. Le sentiment d’être protégé, ou la crainte de la régression sociale, s’inscrivent dans des réalités très différentes. Si on menait l’enquête en Lombardie ou en Vénétie et qu’on comparait à la Sicile ou la Campanie, je pense que la différence irait de 1 à 50 !

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guillemet début Il vient d‘y avoir un grand changement en Italie. Jusqu’à 2011 Berlusconi expliquait aux Italiens qu’ils étaient dans une sorte de bulle, que la crise passait à côté. Puis on a eu le gouvernement Monti, qui a tenu un discours churchillien : « du sang et des larmes ». Alors les Italiens ont pris conscience que, vraiment, ça allait mal.

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guillemet début Il y a un sentiment général de méfiance en Italie. Toutes les autres enquêtes que l’on a montrent un écroulement de la confiance, qui touche toutes les institutions même la Présidence de la République. 4% des Italiens ont confiance dans les partis politiques ! Alors en Italie, un peu comme en Grèce, il n’y a plus rien d’autre à faire que de prendre des risques, témoignent les indices assez spectaculaires de reprise de l’immigration du Sud vers le Nord, chez les jeunes ou l'émigration des jeunes diplômés vers l'étranger ("la fuite des cerveaux"). Néanmoins, on constate par ailleurs que la balance commerciale est fortement excédentaire. Il y a en Italie une capacité entrepreneuriale qui existe encore.

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guillemet début Par rapport aux autres pays, on s’aperçoit que l’Allemagne réforme son système avec régularité et sans difficulté.

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guillemet début En Allemagne, quand syndicats et patronat se mettent d’accord sur une plate-forme, on voit bien comment ça fonctionne dans le fond : personne ne prend le risque et tout le monde en prend un. C’est très efficace, car ensuite personne n’essaie de revenir en arrière. Les partenaires se retrouvent solidaires dans la prise de risque.

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guillemet début On réclame souvent du “franco-allemand”, estimant le couple fondamental pour l'Union européenne. Mais si les progrès sont lents, c’est aussi en partie à cause de différences culturelles encore très importantes au niveau des citoyens. Les attitudes face aux différents risques en matière sociale et les perceptions de l'avenir, telles qu’elles sont mesurées dans cette étude, constituent des différences probablement déterminantes.

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guillemet début Un Italien, c’est un Français de bonne humeur, disait Cocteau

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guillemet début En Allemagne il y a une dimension collective, très différente de l’individualisme français. Les Allemands ont le sens de l’effort collectif, dans la durée, ce qui se voit jusque dans les habitudes de consommation. On consomme moins en Allemagne ; on dépense moins pour se loger !

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