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Synthèse 2015 > Italie

Italie 2015

Malgré le fait que l’économie italienne donne quelques signes encourageants, la reprise du pays reste fragile. L’impact de la crise sur les esprits italiens est toujours visible : le sentiment de vulnérabilité des Italiens demeure très fort, ainsi que leur impression de déclin social. Dans ce contexte, l’essor des pratiques de consommation collaborative apparaît comme une réponse à la crise économique et comme le vecteur d’une solidarité indispensable.

En Italie, le sentiment de vulnérabilité reste extrêmement fort

Malgré le fait que la croissance italienne ait été positive au cours du premier trimestre 2015 (+0,3%), les Italiens se sentent encore plus vulnérables que la moyenne des Européens.
Ils ont l’impression en particulier qu’ils risquent plus qu’il y a 5 ans de connaître des difficultés financières (77% contre 59% pour la moyenne européenne), d’être plongés dans une situation précaire (69% contre 53%) ou même de perdre leur emploi (59% contre 44%).
Le sentiment de vulnérabilité vis-à-vis des difficultés financières ou même de la pauvreté est encore plus important dans le sud de l’Italie (le sud et les îles) : dans les îles, par exemple, 75% des personnes ont l’impression de risquer davantage de connaître une situation précaire (contre 65% dans le nord).

Bien que le degré d’inquiétude demeure élevé (et bien supérieur à la moyenne européenne), il est plus faible que celui qui avait été constaté en 2012 : -7 points concernant le risque de difficultés financières, -7 points concernant le risque de basculer dans une situation précaire et -10 points concernant le risque de chômage. Le degré d’inquiétude a baissé en particulier entre 2012 et 2013 mais il est resté relativement stable entre 2013 et 2015, sauf pour le risque de chômage, qui a continué à diminuer au cours des deux dernières années (-5 points entre 2013 et 2015).
La crainte du chômage demeure cependant très forte en Italie : ce risque est à la seconde place dans le pays parmi les plus inquiétants (après les risques de santé - y compris la perte d’autonomie) alors que le chômage arrive en quatrième position pour la moyenne européenne (après les risques de santé, les risques financiers et les risques routiers). Cette crainte est particulièrement forte chez les jeunes Italiens (42% des Italiens de moins de 35 ans citent ce risque comme l’un des trois qui les inquiètent le plus, contre 37% en moyenne).

Cette impression de vulnérabilité est renforcée par le fait qu’une grande majorité des Italiens considèrent qu’ils sont moins bien protégés contre ces risques qu’il y a 5 ans (67% contre 41% en moyenne). Malgré le fait que cette opinion ait légèrement baissé depuis 2012 (73% considéraient qu’ils étaient moins bien protégés), ce score reste de loin le plus élevé en Europe.
Les Italiens sont également les Européens qui croient le plus que leur situation sociale est pire que celle de leurs parents au même âge (60% le pensent contre 40% en moyenne). Une fois de plus, cette opinion a diminué (-7 points par rapport à 2013) mais reste très forte.

La prise de risque en Italie : une relation d’amour-haine

Etant donné que les Italiens se sentent très vulnérables vis-à-vis de divers risques, il est logique qu’une majorité d’entre eux considère le risque comme un danger à éviter (63% contre 60% en moyenne) plutôt que comme un stimulant (37% contre 40% en moyenne).

Cependant, les Italiens considèrent de plus en plus que pour réussir, il vaut mieux prendre beaucoup de risques (52% contre 48% en moyenne ; +2 points par rapport à 2013 et +25 par rapport à 2012). Cette opinion est partagée principalement par les jeunes Italiens, les personnes ayant un bon niveau de revenus et d’éducation, ainsi que les Italiens vivant dans le nord. Parallèlement, une grande majorité d’Italiens considèrent également qu’ils prennent eux-mêmes des risques (65% contre 61% en moyenne), et ce sentiment se généralise lentement (+2 points par rapport à 2013, +4 points par rapport à 2012).

In Italie, la consommation collaborative est en hausse

Une grande majorité des Italiens ont observé le développement de la consommation collaborative dans leur pays : 68% de la population italienne (contre 64% en moyenne) ont été témoins de l’essor de ces nouvelles pratiques collaboratives (location, prêt, échange de connaissances entre des particuliers, auto-partage, échange de maisons…).

Dans un nombre croissant de domaines, la propriété privée n’est plus une obligation. La majorité des Italiens préfère même désormais emprunter ou louer une résidence secondaire (69% contre 65% pour la moyenne européenne) que d’en être propriétaire. Cependant, le fait d’être propriétaire de sa résidence principale ou de son véhicule est toujours largement préféré (93% préfèrent posséder leur résidence principale et 92% leur véhicule).

Au cours des 5 dernières années, les Italiens ont en particulier choisi d’acheter des articles d’occasion (46% l’ont fait plus souvent, contre 39% en moyenne), de les emprunter (35% contre 27%), de les échanger (31% contre 19% pour la moyenne européenne) et de les louer (23% contre 17%).

Ils ont en moyenne essayé 5,2 pratiques de consommation collaborative sur les 17 testées, ce qui est supérieur à la moyenne européenne (4,6).
Une majorité d’entre eux ont déjà acheté des produits auprès de petits producteurs locaux vivant dans leur région (69% contre 65% en moyenne), acheté ou vendu des produits culturels d’occasion (52% contre 54%), ou des appareils électriques, du matériel vidéo ou hi-fi d’occasion (53% contre 46%). La majorité d’entre eux ont également déjà utilisé un tutoriel (50% contre 48% en moyenne).
Bien que les autres pratiques n’aient été essayées que par une minorité, les Italiens ont eu recours légèrement plus souvent que la moyenne des Européens à la consommation collaborative dans le domaine automobile (18% ont déjà utilisé un véhicule en libre-service, contre seulement 13% en moyenne), et dans le domaine du logement (22% ont déjà demandé à un particulier de leur louer sa résidence pour les vacances, contre 17% en moyenne). Les Italiens ont également eu recours légèrement plus souvent que la moyenne européenne aux pratiques de financement participatif : 19% ont déjà investi dans des produits d’épargne socialement responsables (contre 16% en moyenne) et 18% ont participé au financement d’un projet ou d’une activité que quelqu’un souhaitait réaliser (contre 14%).

La principale raison d’adopter les pratiques de consommation collaborative en Italie est la possibilité d’économiser ou de gagner de l’argent (68% des Italiens citent cette raison comme l’une des deux principales raisons, 71% en moyenne).
Les Italiens font partie des Européens qui pensent le plus que l’essor de ces nouvelles pratiques de consommation est dû à la récession économique (66% le pensent, contre 52% en moyenne), plutôt qu’aux évolutions technologiques (19% pensent que c’est la raison principale contre 30% en moyenne) ou à une réelle transformation de nos sociétés (15% le pensent contre 18%).

Bien que l’essor de la consommation collaborative soit considéré comme une réponse au contexte économique, il n’est pas vu comme un phénomène temporaire : 75% des Italiens sont convaincus que le développement de la consommation collaborative est une tendance de fond (73% pour la moyenne européenne). 25% seulement pensent au contraire que ces nouvelles formes de consommation ne dureront pas et que ce phénomène finira par s’essouffler de lui-même (27% en moyenne).

Les Italiens sont largement convaincus des vertus de la consommation collaborative

Si 69% des Européens pensent que le développement de la consommation collaborative apporte une plus grande solidarité dans la société, les Italiens sont encore plus enthousiastes : 76% pensent que c’est le cas.

Les Italiens sont en effet encore plus convaincus que la moyenne européenne que les pratiques de consommation collaborative sont un signe (même uniquement de façon partielle) de solidarité : par exemple, 88% d’entre eux pensent que l’échange de services peut être considéré comme une preuve de solidarité (contre 82% en moyenne) et 83% pensent la même chose sur le fait de covoiturer des passagers en échange d’une petite participation aux frais (contre 76% en moyenne).

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