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Espagne 2015

Malgré le fait que l’économie espagnole soit en train de reprendre, avec une croissance de 1,4% l’année dernière et une croissance prévue de 2,9% pour cette année, les Espagnols restent traumatisés par l’impact de la crise et les sacrifices qu’on leur a demandé de faire. Leur sentiment de vulnérabilité reste très fort, ainsi que leur impression de déclin social. Dans ce contexte, l’essor des nouvelles pratiques de consommation collaborative apparaît comme une réponse à la crise économique et le vecteur d’une solidarité indispensable.

En Espagne, le sentiment de vulnérabilité reste très fort, mais beaucoup moins qu’en 2012

Malgré le fait que l’économie espagnole montre des signes encourageants, une majorité des Espagnols se sentent toujours plus exposés qu’il y a 5 ans au risque de connaître des difficultés financières (62% contre 59% pour la moyenne européenne) ou de basculer dans une situation précaire (57% contre 53%). Presque une personne sur deux ressent un risque plus grand de perdre son emploi (48% contre 44%) et même de connaître des difficultés familiales (39% contre 35%).

Bien que ce degré d’inquiétude reste important (et légèrement supérieur à la moyenne européenne), il est cependant très inférieur à celui constaté en 2013 : -12 points concernant le risque de difficultés financières, -16 points concernant le risque d’être plongé dans une situation précaire et -20 points concernant le risque de chômage.

Malgré la forte baisse du degré d’inquiétude, la peur du chômage reste très forte en Espagne, pays d’Europe où le taux de chômage est le plus fort, après la Grèce. En Espagne, 42% des personnes interrogées (contre 29% en moyenne) citent en effet ce risque comme l’un des trois qui les inquiètent le plus, bien qu’il soit loin derrière les risques de santé, y compris la perte d’autonomie (67% contre 66% en moyenne). Alors que le chômage arrive en quatrième position pour la moyenne européenne (après les risques de santé, les risques financiers et les risques de la route), en Espagne ce risque se classe en seconde position.

En outre, une majorité relative des Espagnols considèrent toujours qu’ils sont moins bien protégés contre ces risques qu’il y a 5 ans (46% contre 41% en moyenne), ce qui est cependant un peu mieux qu’en 2012 (49% pensaient être moins bien protégés).

Une attitude ambivalente vis-à-vis de la prise de risque en Espagne : dangereuse mais inévitable

Il est clair que les Espagnols sont traumatisés par la crise économique qu’ils ont traversée : 51% ont l’impression aujourd’hui que leur situation sociale est pire que celle de leurs parents au même âge (+3 points par rapport à 2013).
Les Espagnols sont en outre les Européens qui considèrent le plus largement que le risque est un danger à éviter (75% contre 60% en moyenne). 25% seulement (contre 40% en moyenne) le considèrent plutôt comme un stimulant.

Cependant, une majorité des Espagnols considère toujours que pour réussir, il vaut mieux prendre beaucoup de risques (56% contre 48% en moyenne). 44% seulement d’entre eux (contre 52% en moyenne) pensent au contraire qu’il vaut mieux faire attention et ne pas prendre trop de risques.
Les Espagnols restent également légèrement plus convaincus que la moyenne que la prise de risque est valorisée dans leur pays (48%, le taux le plus élevé en Europe). En Espagne, la prise de risque s’est avérée dangereuse mais apparaît toujours comme étant inévitable si l’on veut réussir.

Un essor spectaculaire de la consommation collaborative en Espagne

Après la France, l’Espagne est le pays où l’essor de la consommation collaborative a été le plus spectaculaire : 79% des Espagnols (contre 64% en moyenne) ont été témoins de l’essor de ces nouvelles pratiques collaboratives (location, prêt, échange de connaissances entre particuliers, auto-partage, échange de maisons…).

Au cours des 5 dernières années, les Espagnols ont en particulier choisi d’acheter des articles d’occasion (42% l’ont fait plus souvent, contre 39% en moyenne), de les emprunter (38% contre 27%), de les échanger (27% contre 19% pour la moyenne européenne) et de les louer (27% contre 17%).

Dans un nombre croissant de domaines, la propriété privée n’est plus une obligation. Une majorité des Espagnols préfèrent désormais emprunter ou louer une résidence secondaire (67% contre 65%), de même que le matériel de jardinage (62% contre 34% en moyenne)

Les Espagnols ont en moyenne essayé 5,3 pratiques de consommation collaborative sur les 17 testées, ce qui est supérieur à la moyenne européenne (4,6).
Une majorité d’entre eux ont déjà acheté des produits auprès de petits producteurs locaux vivant dans leur région (68% contre 65% en moyenne) et ont également déjà utilisé un tutoriel (60% contre 48% en moyenne). Les Espagnols ont également eu recours plus souvent que la moyenne européenne aux pratiques de consommation collaborative dans le domaine automobile (26% ont déjà utilisé un véhicule en libre-service, contre seulement 13% en moyenne), et dans le domaine du logement (28% ont déjà demandé à un particulier de leur louer sa résidence pour les vacances, contre 17% en moyenne). Les Espagnols ont également eu recours légèrement plus souvent que la moyenne européenne aux pratiques de financement participatif : 21% ont déjà investi dans des produits d’épargne socialement responsables (contre 16% en moyenne) et 18% ont participé au financement d’un projet ou d’une activité que quelqu’un souhaitait réaliser (contre 14%).

Comme dans le reste de l’Europe, la principale raison d’adopter les pratiques de consommation collaborative en Espagne est la possibilité d’économiser ou de gagner de l’argent (74% des Espagnols citent cette raison comme l’une des deux principales raisons, contre 71% en moyenne), ce qui est cohérent avec le fait que les Espagnols considèrent l’essor de ces nouvelles habitudes de consommation comme étant dû principalement à la récession poussant les gens à dépenser le moins possible (59% citent cette explication, plutôt que les évolutions technologiques citées par 24% ou une réelle transformation de nos sociétés citée par 17%).

Cependant, une majorité d’entre eux est convaincue que la consommation collaborative va rester : 73% la voient comme une tendance de fond (comme la moyenne européenne). 27% seulement pensent au contraire que ces nouvelles formes de consommation ne dureront pas et que ce phénomène finira par s’essouffler de lui-même.

Une acclamation générale des vertus de la consommation collaborative

Les Espagnols sont les plus enthousiastes en ce qui concerne les vertus de la consommation collaborative : 84% d’entre eux pensent que le développement de la consommation collaborative apporte une plus grande solidarité dans la société (contre 69% en moyenne).

Les Espagnols sont en effet plus largement convaincus que la moyenne européenne que les pratiques de consommation collaborative sont un signe (même uniquement de façon partielle) de solidarité : par exemple, 87% d’entre eux pensent que l’échange de services peut être considéré comme un exemple de solidarité (contre 82% en moyenne) et 85% pensent la même chose du fait de participer à la création d’un tutoriel sur internet (contre 76% en moyenne).

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