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Synthèse 2015 > Des pratiques qui bousculent les contours de la solidarité

Des pratiques qui bousculent les contours de la solidarité

Interrogés sur la nature solidaire (ou non) d’un certain nombre de pratiques de consommation collaborative, les Européens considèrent globalement qu’elles relèvent de la solidarité, au moins en partie.
C’est le cas des échanges de services (82% jugent qu’ils relèvent de la solidarité, dont 29% « complètement » et 53% « en partie »), du fait de sensibiliser ses contacts sur les réseaux sociaux à propos de l’action d’un organisme ou d’une personne (80% dont 56% «en partie » solidaire), de la participation à la création d’un tutoriel sur internet (76% dont 52% « en partie »), du fait de proposer à des gens de les covoiturer en échange d’une petite participation aux frais (76% dont 54% « en partie ») ou même du prêt d’argent via un site de financement participatif en percevant des intérêts (53% le considèrent comme relevant de la solidarité dont 42% « en partie »).

Aux yeux d’une majorité d’Européens, pour relever pleinement de la solidarité, une action doit toujours apparaître désintéressée. Or la consommation collaborative ne répond qu’en partie à cette condition : le plus souvent, elle est la rencontre d’intérêts convergents (par exemple se débarrasser d’un objet en gagnant un peu d’argent pour le vendeur et faire un achat à un prix attractif pour l’acheteur). L’émergence de ces pratiques vient bousculer la conception traditionnelle (et plus restrictive) de la solidarité, héritée d’une conception de la charité qui suppose un acte unilatéral, pour la transformer en une multiplicité de relations où chacun peut trouver son compte.

D’ailleurs, ces pratiques, de l’avis même des Européens, ont pour conséquence de conduire à une société plus solidaire (69% le pensent dont 11% « tout à fait »). Les Espagnols (84%), Italiens (76%), Polonais (76%) et Français (74%) en sont les plus convaincus. Dans ces pays où le système étatique de protection sociale apparaît comme défaillant ou en perte de vitesse, ces nouvelles pratiques apparaissent comme une nouvelle façon d’être solidaire, et de reprendre le contrôle sur son destin. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ces pratiques se développent le plus dans les pays dans lesquels on craint le plus aujourd’hui de basculer dans la précarité : la Pologne, l’Italie, l’Espagne... et la France.

Des pratiques qui bousculent les contours de la solidarité



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