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Allemagne 2015

Bien que les Allemands aient tendance à se sentir un peu moins vulnérables cette année, ils sont devenus encore plus opposés au risque qu’ils ne l’étaient auparavant. Le développement de la consommation collaborative en Allemagne n’est pas d’un grand réconfort : les Allemands sont plutôt moins intéressés par ces nouvelles pratiques et ne sont pas convaincus non plus qu’elles peuvent apporter une plus grande solidarité au sein de la société.

En Allemagne, l’impression de vulnérabilité a plutôt diminué

Contrairement à la moyenne européenne, seule une minorité d’Allemands se sentent plus vulnérables qu’il y a 5 ans quant au risque de rencontrer des difficultés financières (44% considèrent qu’ils courent plus de risques aujourd’hui, contre 59% pour la moyenne européenne), d’être plongés dans une situation précaire (37% ; contre 53% en moyenne). Ils sont également moins inquiets quant à la possibilité de perdre leur emploi (26% pensent que le risque est plus important contre 44%). Leur degré d’inquiétude a même diminué par rapport à l’année dernière (-5 points pour la peur de basculer dans une situation précaire et -4 points pour la perte de leur emploi).

En 2013, le risque de chômage était l’un des trois risques qui inquiétaient le plus les Allemands. C’est loin d’être le cas cette année : il est maintenant à la 7ème place. 22% seulement (contre 29% en moyenne) citent ce risque parmi les trois qu’ils trouvent les plus inquiétants, loin derrière les risques de santé – y compris la perte d’autonomie - (61%), les risques financiers (40%) mais également cette année, après le risque d’être agressé ou volé (30%), le risque d’une attaque (23%) ou même les risques liés à l’informatique (23%).

Une majorité relative d’entre eux considère toujours qu’ils sont mieux protégés contre ces risques qu’il y a cinq ans (36% contre 33% en moyenne) et 34% considèrent qu’ils ne sont « ni mieux ni moins bien protégés » (contre 26% en moyenne). Les personnes qui pensent qu’elles sont moins bien protégées font partie d’une minorité (30%) et cette proportion reste relativement stable (31% en 2012).

Les Allemands deviennent cependant de plus en plus opposés au risque

Bien que l’Allemagne reste, parmi les pays faisant l’objet de l’étude, celui où les gens sont les moins susceptibles de considérer que leur situation sociale est pire que celle de leurs parents au même âge (24% contre 40% en moyenne), cette proportion a sensiblement augmenté (+17 points par rapport à 2013). Il est clair que la mobilité sociale ascendante n’est plus considérée comme une évidence. Alors qu’en 2013, 55% de la population allemande pensait avoir une meilleure situation sociale que ses parents, cette opinion ne concerne aujourd’hui que 26% de la population.

Dans ce contexte, l’aversion culturelle des Allemands vis-à-vis des risques est devenue encore plus prononcée : 66% (+4 points par rapport à 2013; +9 points par rapport à 2012) considèrent le risque comme un danger à éviter (contre 60% en moyenne). Une majorité d’entre eux (61% ; stable) pensent également que pour réussir, il vaut mieux faire attention et ne pas prendre trop de risques (contre 52% en moyenne). Les Allemands sont également encore moins susceptibles qu’en 2013 de considérer que la prise de risque est valorisée dans leur pays (36%, -5 points) et ils sont également moins portés à prendre des risques eux-mêmes (66% considèrent qu’ils prennent des risques, -6 points par rapport à 2013; -11 points par rapport à 2012).

Les Allemands sont un peu moins portés sur la consommation collaborative que d’autres Européens

En Allemagne, l’essor de la consommation collaborative (location, prêt, échange de connaissances entre des particuliers, auto-partage, échange de maisons…) est moins spectaculaire que dans d’autres pays d’Europe tels que la France, l’Italie, l’Espagne ou la Pologne. Alors que 64% des Européens ont été témoins de l’émergence de ces nouvelles formes de consommation dans leur pays, 53% « seulement » de la population ont vu ce phénomène se développer en Allemagne (dont 7% seulement « beaucoup », contre 14% en moyenne), ce qui est le score le plus bas observé en Europe.

Au cours des 5 dernières années, les Allemands ont moins choisi que d’autres pays d’acheter des articles d’occasion (23% l’ont fait plus souvent, contre 39% en moyenne), de les emprunter (18% contre 27% en moyenne), de les échanger (11% contre 19%) ou de les louer (13% contre 17%).

Les Allemands sont également moins susceptibles que la moyenne de considérer la consommation collaborative comme une réponse à la crise économique : 41% seulement pensent que la principale raison de son développement est la récession économique qui pousse les gens à essayer de dépenser moins (contre 69% en France par exemple).

Les Allemands ont essayé en moyenne 3,7 pratiques de consommation collaborative sur les 17 testées, ce qui est inférieur à la moyenne européenne (4,6).
Une majorité d’entre eux ont cependant acheté des produits auprès de petits producteurs locaux vivant dans leur région (65%, le même chiffre que la moyenne européenne) et ont déjà acheté ou vendu des produits culturels d’occasion (57%, ce qui est même supérieur à la moyenne européenne de 54%).
D’autres pratiques n’ont été essayées que par une minorité. Les Allemands sont à la traîne en particulier en ce qui concerne les pratiques liées à la conduite : par exemple, 7% d’entre eux seulement ont demandé à un particulier de leur louer sa voiture ou de les conduire dans le cadre d’un accord d’auto-partage (contre 19%) et 7% ont déjà utilisé un véhicule en libre-service (contre 13%). Les Allemands ont également été moins séduits par les pratiques touchant au logement telles que de demander directement à un particulier de leur louer sa maison pour les vacances (7% contre 19%) ou d’échanger leur maison pour les vacances (5% contre 9%).

Les Allemands continuent à préférer être propriétaires de leur véhicule (89% contre 11% qui préfèrent le prêter ou l’emprunter) et de leur résidence principale (84%), mais pas beaucoup plus que les autres Européens. Les Allemands sont encore plus susceptibles que d’autres Européens de préférer emprunter ou louer une résidence secondaire que d’en être propriétaires (73% contre 65% en moyenne). Il en va de même pour les accessoires automobiles tels que les coffres de toit, porte-vélos, sièges-enfants… (41% contre 36%).
Les esprits allemands pourraient donc être prêts pour une évolution dans les pratiques en matière de consommation et de propriété.

La majorité des Allemands est convaincue de toute façon que le développement de la consommation collaborative est une tendance de fond (69% le pensent, bien que cela représente un peu moins que la moyenne européenne de 73%). 31% seulement pensent au contraire que ces nouvelles formes de consommation ne dureront pas et que le phénomène finira par s’essouffler de lui-même.

Les Allemands ne sont pas encore convaincus des vertus de la consommation collaborative

Alors que 69% des Européens pensent que le développement de la consommation collaborative apporte une plus grande solidarité au sein de la société, les Allemands sont moins enthousiastes : 55% pensent que c’est le cas (le score le plus bas observé sur l’étude).

Une proportion significative de la population allemande n’est toujours pas convaincue que les pratiques de consommation collaborative sont un signe (même uniquement de façon partielle) de solidarité : 57% des Allemands pensent effectivement que prêter de l’argent par l’intermédiaire d’un site de financement participatif moyennant un intérêt n’est pas du tout une preuve de solidarité (contre 47% en moyenne), 32% pensent la même chose sur le fait de covoiturer des passagers en échange d’une petite participation aux frais (contre 24%) et 39% sur le fait de participer à la création d’un tutoriel sur internet (contre 24% en moyenne).

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