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Regards d'experts 2013 > Sylvia Desazars de Montgailhard

Sylvia Desazars de Montgailhard

Déléguée générale de la Fondation ESSEC, politologue spécialiste de l’Espagne

Politologue, spécialiste de l'Espagne d’où elle est originaire, maître de conférences à l'IEP de Paris et à l’Université de Toulouse Le Mirail, Sylvia Desazars de Montgailhard est depuis 2012 Déléguée Générale de la Fondation ESSEC. Elle est diplômée de Sciences-Po et agrégée d’espagnol.

Elle a également une grande connaissance de l’Asie et notamment de Singapour, où elle a été attachée culturelle et scientifique avant de s’occuper de l’implantation des campus de l’INSEAD puis de l’ESSEC.

Sylvia Desazars de Montgailhard est l’auteur de « Madrid et le monde : les tourments d'une reconquête » (2007, Autrement)

guillemet début Si en Espagne le sentiment de déclassement est moins élevé qu’en France, c’est parce que les Espagnols peuvent comparer. On est riches depuis peu, on a un Etat-Providence depuis peu, le souvenir de l’époque d’avant est encore là. Alors on relativise. Pendant les 35 ans depuis le retour à la démocratie, on a connu deux crises économiques majeures (fin des années 70/début des années 80 et début des années 90) mais le sentiment d'ensemble est que des progrès économiques et sociaux considérables ont été accomplis pendant cette même période. guillemet fin

guillemet début En Espagne, le principal amortisseur face aux risques sociaux est probablement la famille. Cela va très loin : on ressort Grand Papa de la maison de retraite car il y a des familles où la pension à 900 euros, c’est la seule chose qu’on a, -pour tout le monde. On le ressort, on s’en occupe à la maison et on vit des 900 euros de Grand Papa. Mais on s’entraide énormément. On est dans une forme de réponse anti-individualiste à la crise. Le chômage touchant aussi particulièrement les jeunes, il est fréquent que trois générations doivent cohabiter ensemble. guillemet fin

guillemet début Schröder disait : pour réformer, il faut que nos gouvernants s’habituent à ne pas être réélus. guillemet fin

guillemet début La classe politique espagnole, dans son rapport au libéralisme, est plus proche des Allemands ou des Anglais que des Français. Le Parti Populaire et le Parti Socialiste sont libéraux, contrairement à la France où ni la droite ni la gauche ne le sont. Ils ont beaucoup réformé. guillemet fin

guillemet début Une enquête très sérieuse menée chaque mois par le CIS en Espagne montre qu'on assiste en fin d'année à un net regain d'optimisme. Les sondés doivent signaler par ordre décroissant les trois problèmes les plus graves du pays. Sur le podium on a en n°1 le chômage (pour 77,4% contre 82,4% en mai 2013) ; en n°2 les problèmes économiques (32,7% en très net retrait par rapport à 53,7% en janvier 2012, c'est-à-dire quand l'équipe gouvernementale actuelle entre en action) ; en n°3, la corruption de la classe politique (31,3% contre 44,5% en mars 2013). guillemet fin

guillemet début Par rapport à l'obsession sécuritaire de la France, qui ressort dans votre enquête, la sécurité ne préoccupe que 3,6% des Espagnols (CIS, octobre 2013), chiffre qui n'évolue pratiquement pas depuis le début de la crise. guillemet fin

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